Eh, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas faites une sélection de documentaires Netflix, non ? Les docu vous le savez, c'est comme les podcasts, j'adore ça (en plus je viens de me faire une semaine de congés alors autant te dire que je m'y suis donné à coeur joie !). A regarder en bricolant à côté, en mangeant, en surfant comme une zombie sur les réseaux sociaux, le documentaire s'accommode à TOUTES les sauces. Et en plus on se couche moins bête après. Que demande le peuple ?


Allez zou, c'est parti !



RBG


On ouvre le bal avec Ruth Bader Ginsburg, dont je l'avoue, je n'ai découvert l'existence qu'à son décès en septembre 2020. Et c'est bien dommage, car ma foi, c'était une grande dame c'te dame. Avocate, chercheuse et enseignante universitaire, juge, et pour finir, 2ème femme à être nommée membre de la Cours Suprême aux États-Unis, on peut dire qu'elle a eu une vie bien remplie !


En regardant ce documentaire, j'ai découvert une femme incroyablement inspirante, obstinée et vraiment drôle ! (sans compter son surprenant goût pour les cols de robe de juge originaux) On en apprend davantage sur sa longue carrière rythmée par des batailles judiciaires pour les droits des femmes, et comment ces expériences ont nourri sa réflexion sur le statut des femmes dans la société américaine et l'importance du rôle que le système judiciaire peut jouer pour faire avancer les choses.


Donc si tu as besoin d'un petit coup de pied au cul pour te secouer, regarde ce documentaire ! Après ça, la force de Ruth sera avec toi.



Chambre 2806 : L'affaire DSK


Bon alors je vous préviens, on est sur un documentaire BEAUCOUP moins inspirant ! Pour rappel, l'affaire DSK concerne un politicien français, Dominique Strauss-Kahn, jugé pour agression sexuelle sur une femme de chambre, Nassifatou Diallo, dans sa chambre d'hotêl durant un séjour à New-York en 2011.


J'apprécie que le documentaire se décompose en 4 épisodes, car c'est en prenant son temps qu'on arrive vraiment à décortiquer comment l'affaire a été traitée dans les médias. Et autant vous dire que pour un événement se déroulant avant #Metoo, ça fait mal aux oreilles ! Disons-le franchement, on est dans la bonne grosse culture du viol, à renfort de "c'est pas de sa faute s'il aime les femmes", "il a des pulsions sexuelles incontrôlables", et de "le pauvre, cette affaire va briser sa carrière !".


Un documentaire édifiant, où vous pourrez vous attendre à gueuler un bon paquet de fois "Oh my gooood, mais c'est po possible de dire un truc pareil !!" devant votre écran.



Becoming


On repart sur une note plus inspirante avec Becoming, documentaire retraçant la tournée de promotion du livre autobiographique (du même nom) de Michelle Obama, ancienne première dame des États-Unis. J'étais vraiment contente de tomber sur ce documentaire car j'avais emprunté à la bibliothèque la dite biographie et elle m'était un peu tombée des mains au bout d'un moment (désolée Michelle). Bonne nouvelle, le documentaire reprend l'esprit du livre, puisqu'on y découvre le parcours de l'ex première dame au travers de différentes interviews et vidéos, sauf que ça dure 1h30. Et moi 1h30, ça me va beaucoup mieux.


Après c'est clair que Michelle Obama, baah c'est un régal de la voir en vidéo ! Mental de battante, charismatique, une tête bien faite et les pieds sur terre, Michelle tu la veux comme coach perso en fait. Dès que tu te regardes dans la glace et que tu te dis que ce matin t'es po capable, tu veux la voir apparaître derrière toi dans un halo de lumière et agiter son index vers toi en te martelant : "Girl, you're beautiful. Powerful. In fact, you can do EVERYTHING you want today. Do you here me ? E-VE-RY-THING !!"


D'accoooord Michelle !!



Athlete A


On passe à un documentaire un peu moins joyeux (t'as vu comme je te fais l'ascenseur émotionnel ?) avec un nouveau scandale d'agressions sexuelles. Cette fois-ci il s'agit d'une affaire d'abus sexuels commis par le médecin sportif Larry Nassar sur de jeunes gymnastes de la fédération américaine de gymnastique. Dans ce documentaire, plusieurs anciennes athlètes témoignent du calvaire qu'elles ont subi dans leur jeunesse et du silence aberrant que la fédération a longtemps gardé pour se protéger d'un scandale.


Mauvaise stratégie, puisque les langues ont fini par se délier et qu'il faut maintenant s'expliquer ! On se demandera s'il vaut mieux rire ou pleurer en entendant durant le procès le médecin clamer que ses "techniques" ont de véritables propriétés médicinales et que c'est nous pauvres paysans, qui n'y comprenons vraiment rien. Un documentaire édifiant !



The Game Changers


On termine sur une note sportive et un peu plus fun avec "The Game Changers", un documentaire sur le véganisme, le sport et la masculinité toxique. Car OUI, les hommes sont aussi victimes du patriarcat. Injonction à la virilité, un homme, un vrai, doit faire du sport, avoir de gros biscotos et manger beaucoup de viande rouge pour être grand et fort. Une injonction qui va être mise à mal par le témoignage de sportifs aux muscles saillants et à l'hygiène de vie rigoureuse, qui ont arrêté depuis belle lurette de consommer des protéines animales. Ces grands gaillards sont véganes !


Expériences scientifiques ludiques, témoignages étonnants de médecins, experts et sportifs, on découvre peu à peu que la viande est loin d'être synonyme de santé et de force physique, contrairement à ce que le marketing savamment pensé des publicitaires voudraient nous faire croire (un peu comme lorsque les cigarettes étaient présentées comme des toniques pour la santé). Un angle original pour aborder les bienfaits d'une alimentation plus végétale, et déconstruire nos préjugés sur une alimentation virile !




Cela fait bientôt un an que nous vivons confinées. Un an de tête à tête avec nos intérieurs, un vague souvenir en tête de ce à quoi ressemble un soutien-gorge, à passer nos samedis soirs devant Netflix.


Expatriée à Montréal, je me suis toujours dit qu'il était ridicule que j'achète trop de décorations ou de vêtements, puisque le jour où je retournerai en France (jour qui s'éloigne de plus en plus quand je vois comment tourne notre gouvernement), je devrai en revendre une grande partie (et rien que d'y penser, ça m'épuise déjà).


Mais assise là dans ma chambre somme toute pas bein grande et pour le moins minimaliste, à télétravailler le jour et à y glandouiller le soir, je me surprends à rêver d'une décoration cosy digne de mes tableaux Pinterest les plus extravagants. J'en ai marre du vide, j'en ai marre du blanc. Je veux de la couleeeurs, de la texture, de la VIE !



Je pourrais dire de même pour les fringues. Ces 3 derniers mois, j'ai porté le même pantalon bleu marine et le même pull noir TOUS les jours de la semaine (zinquiétez pas, je change de T-shirt et de slip en dessous, il me reste quelques réflexes de notre ancienne civilisation). J'ajoute quand même une variante le weekend, où je switch pour mon pantalon de survêtement noir. Parce que c'est important, de faire preuve de fantaisie en matière de mode.


Bon bref, comme ces derniers mois semblent passer au ralenti, j'ai besoin de changement VISIBLES dans ma vie, juste pour m'assurer que je ne vis pas un remake du jour de la marmotte, juste pour me procurer ce petit frisson grisant que l'acte d'achat peut susciter, et ainsi saupoudrer ma morne existence de quelques paillettes artificielles.


Me voilà donc, affalée sur mon lit en train d'errer sur les sites internet, à la recherche de fringues et de bibelots à même de combler le VIDE que le confinement a créé dans ma vie. Ma carte de crédit est prête, je me livre en SACRIFICE sur l'autel du capitalisme, prête à être consumée par le remord que me procureront mes achats dans les grandes enseignes.


Et là bah, j'ai bogué.




Au secours, je ne sais plus acheter !



Bah, c'est à dire que ça fait 2 ans que je ne m'achète quasiment rien alors j'ai oublié comment on faisait moi ! J'étais là à scroller sur les pages de Zara ou d'Ikea, et j'étais pommée quoi. Qu'est-ce que j'aime ? Quel type de déco représente "ma personnalité" ? Quels vêtements me feraient me sentir bein dans ma peau, mieux, me feraient sentir comme une femme NOUVELLE (tu vois genre belle, talentueuse, fascinante mais avec nonchalance) ? Quoi ? Oui je sais que les vêtements ne sont pas magiques.


J'ai acheté des trucs. Je les ai retourné. J'ai racheté des trucs. Je les ai REretourné (me fustigeant au passage pour mon empreinte carbone).


Une fois j'ai acheté un tapis Ikéa, pour me rendre compte une fois livré que les dimensions n'allaient pas du tout au regard de la taille de ma chambre (que veux-tu, en vrai ça faisait po pareil). Pétri de bonnes intentions, mon copain a voulu m'aider à trouver une disposition jolie et pratique. Une heure et deux tours de reins plus tard (à force de soulever le lit), il quitte la chambre, excédé, me priant bien cordialement de me débrouiller seule, probablement aux prises avec une envie urgente de jeter le dit tapis par la fenêtre et moi avec.



Le positif dans tout ça, c'est que je pense avoir enfin compris ce que ça me prend pour être satisfaite d'un achat et ne pas avoir envie de me flageller avec une branche de bambou. Comme quoi, nous sortons toujours grandies des terribles épreuves que nous inflige la vie.


Voici donc les leçons que j'ai tiré de mes FOLLES aventures.



Le seconde main, c'est correct



J'ai eu une grosse montée de culpabilité en essayant d'acheter sur les sites de grandes enseignes. T'sais, le genre d'achat où tu es contente mais tu te sens un peu sale, où tu dois t'arranger avec ta conscience car tu sais que ton choix n'est ni écolo ni éthique, mais que BON SANG elle est jolie cette petite blouse à 50$.


Alors qu'avec le seconde main, point de culpabilité ! Tu réutilises des objets/vêtements pour leur donner une SECONDE VIE, tu fais une bonne action !


Bon au Québec on n'a pas Vinted (pourquoi, mais pourquoiiii ??), MAIS il reste quand même des alternatives. Nous avons le Marketplace sur Facebook, temple des trouvailles en tout genre et des posts what the fuck (une fois je suis tombée sur une annonce d'un type qui voulait vendre ses enfants), les friperies pour trouver des vêtements originaux et uniques (ça vous tenterait un article sur mes friperies préférées à Montréal ?), ET les merveilleux centres Renaissances (= Emmaüs) pour trouver des bibelots bein bein cutes.



C'est simple, quand j'achète seconde main, je me sens TOUJOURS bien (t'as vu comme je suis contente avec mon nouveau pull seconde main digne de "Les bronzés font du ski" ?).


En plus c'est pas cher. Et puis tu as toujours ce sentiment d'acquérir une pièce qui est un peu unique, qui a une ÂME quoi. Le seul truc c'est qu'il faut être patiente, déloger des petits trésors, ça se mérite.


En même temps, est-ce qu'on n'a pas QUE ÇA à faire en ce moment ?



Focalisons-nous sur des choses UTILES



Ça faisait un moment que je lorgnais sur mes sous-pulls détendus, mes chaussettes trouées et mes culottes élimées. Et en fait je me suis dit : "Avant d'aller chercher des pièces extraordinaires, comme un bob en fourrure rose ou une robe à franges style cowboy, est-ce que ce ne serait pas pertinent, mais alors je me pose la question comme ça hein, de commencer par avoir des basiques décents ?" (#lagrossepouilleuse)



Pour le coup, j'avoue, je me suis tournée vers du neuf (en même temps va trouver des culottes et des chaussettes d'occas', BE MY GUEST !!). Mais comme ce sont des choses que je suis sûre d'utiliser et pour longtemps, des choses dont j'ai quand même VRAIMENT besoin (ya un moment, le slip raccommodé par tous les côtés c'est plus possible), je me suis sentie correcte avec ma conscience. Ou elle est partie en vacances ce jour-là, allez savoir.


De même, ça faisait des mois que j'avais le dos en compote à force de travailler sur une chaise de bureau davantage faite pour décorer que pour s'assoir dessus 8h par jour. Et t'sais, quand je voyais le prix des chaises ergonomiques, je me disais "bah non oublie, trop cher, je ne vais pas mettre ce prix-là dans une CHAISE, merde !". Pourtant, qui c'est qui a mis 200$ dans un tapis qui était au final trop grand pour sa chambre ? Hein ?


Alors plutôt que de me focaliser sur un objet qui en soit, ne sert À RIEN, j'ai rendu le tapis (merci encore à mes amies qui ont réussi à faire rentrer un tapis de deux mètres sur trois dans une auto qui ne faisait pas beaucoup plus de longueur. Que voulez-vous, j'ai des amies extraordinaires et diablement déterminées).



À la place, j'ai ENFIN commandé une chaise de bureau digne de ce nom, faite en plastique recyclé s'il vous plaît (je la reçois la semaine prochaine, j'attends de l'avoir testée avant de vous la recommander, des fois que j'aurais envie de la retourner...).



Acheter pour faire plutôt que pour paraître



Un autre truc que j'ai remarqué, c'est que si j'ai toujours des remords à acheter des articles ostentatoires (t'as vu on est sur un blog où on utilise des mots savants), je n'ai jamais eu de regret à accueillir sous mon toit des objets qui allaient me permettre de m'occuper. Fournitures de broderie, puzzles, jeux de société, chacun de ces achats m'a permis de m'amuser et de faire autre chose que de zoner sur Youtube.



Parce que qu'on se le dise, on se fait quand même BIEN CHIER pendant ce confinement ! Je veux dire, c'est presque une affaire de santé mentale, de s'occuper les mains ! Alors quitte à acheter quelque chose pour calmer sa soif soudaine de consommation, pourquoi ne pas tourner cette frénésie vers des activités sympas ?


A noter que j'ai acheté le puzzle d'occasion sur Marketplace (parlerons-nous du fait que je me suis mangée une portière de voiture en allant le chercher en vélo ?), les jeux de société dans une petite boutique indépendante de mon quartier, et les fournitures de broderie dans deux merceries tenues par des commerçant.es à leurs comptes.


Si on peut faire vivre l'économie locale, est-ce que ce n'est pas UN PEU une bonne action quand même, au final ?



Je resterais toujours une personne incroyablement compliquée quand il s'agit d'acheter



T'sais, je pense que quand on arrive à un certain âge dans la vie, faut savoir être clairvoyante envers sa personne. Je ne serai JAMAIS quelqu'un qui achète sur un coup de tête, qui dépense sans compter dans des achats futiles et qui accumule des trucs inutiles chez elle. J'aime l'ordre, j'aime avoir des vêtements que j'aime tellement que je les porte tous les jours (en changeant de sous-pull et de slip), j'aime regarder les objets qui m'entourent en ayant le sentiment d'avoir bien investi mon argent.


Est-ce que ça fait de moi une personne toquée, pénible à trimballer dans les magasins parce qu'elle met mille ans à se décider et capable de se prendre la tête pendant des semaines sur l'achat d'un tapis ? Assurément. Mais...


Ah bah non. En fait je pensais trouver une phrase philosophique pour terminer cet article mais c'est pas mal ça. Je suis juste quelqu'un de pénible.





(Scusez pour l'image, j'ai po résisté.)


Je me demandais sur quoi écrire cette semaine, un truc léger histoire de se faire du bien au moral. Alors quand j'ai vu passer cette question, "Comment fait-on pour que les hommes cessent de violer ?" posté par la militante féministe @Mélusine_2 sur Twitter et repris par d'autres, pour ensuite être allègrement censurée sur les réseaux sociaux, je me suis dit "Tiens, en voilà une bonne question, en voilà un sujet sympathique à lire tranquillou pour se détendre !".


Plus sérieusement, je trouve en fait cette question on ne peut plus intéressante. Alors la tournure directe choque, j'imagine qu'on aurait préféré un sage : "Comment fait-on pour que les femmes cessent d'être violée ?". Le problème, et je suis sûre que vous l'aurez remarqué (on vous la fait pas à vous non plus), c'est que dans ce sens là on rend les femmes sujet de la question, comme si c'était elles les principales concernées. Comme si c'était elles, qui pouvaient y faire quelque chose (alors que juré, on n'a rien demandé).


Alors comme dirait ma mère, appelons un chat "un chat" et arrêtons de tourner autour du pot. 97% des personnes ayant violé étant des hommes, partons pour une fois du principe que le masculin l'emporte sur le féminin et demandons-nous clairement : Comment fait-on pour que les hommes arrêtent de violer ?




Au bûcheeeeer !



Punir, sanctionner, on aimerait bien. Mais si l'on regarde les chiffres en France, on est loiiiiiiin mais alors vraiment VRAIMENT loin du compte (genre tu vois le tout petit point à l'horizon là-bas ? Bah c'est ENCORE plus loin). En effet, seul 1% des viols ou tentatives de viol en France aboutissent à une condamnation...


Comment se fait-ce ? Pfff, tout un tas de facteurs : la peur de porter plainte, de devoir dénoncer une personne proche (91% les viols sont commis par un homme connu de la victime), les procédures longues et pénibles au cours desquelles on va remettre ta parole en doute ou insinuer que tu as peut-être une part de responsabilité (culture du viol bonjour !), le manque de preuve, ou encore le manque de confiance envers la police (particulièrement quand on est une femme racisée)...


Pour faire court, aujourd'hui la sanction, ça ne marche pas. Mais comme le souligne la militante féministe Caroline De Haas, quand dans les années 80 on a voulu que les gens mettent un préservatif, ce n'est pas la sanction qu'on a utilisé. C'est la PRÉVENTION. Si si.



Bah c'est pas con quand on y pense. Malgré des campagnes qu'on trouve parfois sur le moment un peu intenses, aujourd'hui les gens fument moins, mettent leurs ceintures de sécurité et se protègent davantage des IST. Pourquoi pas le viol ?


Mais ce serait quoi alors, les slogans de campagne ? On a déjà eu des "Non, c'est non." placardés dans les boîtes de nuit en France. Un "C'est pas parce qu'elle dit pas non qu'elle dit oui" au Québec. Qu'est-ce qu'on pourrait inventer d'autres comme slogans ?


Alors moi bah, j'propose, je suggère !



Slogan 1 : "Retiens-toi, t'es capable."



L'autre jour, j'animais un atelier avec des jeunes. Le but était de choisir parmi une liste de personnes 6 survivant.es à sauver dans un bunker d'une catastrophe nucléaire (t'as vu ils sont funs mes exercices, hein ?). A un moment, et je le voyais venir gros comme une maison, mes participants se posent la question inévitable du confinement d'hommes et de femmes dans un endroit restreint pendant plusieurs années. Des remarques fusent, rieuses, sous-entendant que les 2 femmes retenues vont passer un mauvais quart d'heure avec les 4 hommes qu'ils ont choisis. Quand un de mes participants lâche, un brin désabusé :


Bah non pas forcément. Ça s'appelle "se retenir", en fait !


Silence septique des autres. C'est que le mythe de l'homme qui aurait des pulsions sexuelles incontrôlables à la vie dure ! Comme si la volonté et le libre arbitre n'avaient rien à voir là-dedans, comme si tous les agresseurs perdaient SUBITEMENT le contrôle d'eux-même. Pourtant, et pour une fois j'invoque le sacro saint "not all men", regardons autour de nous touuuus les hommes qui n'ont jamais commis d'agression sexuelle. Comment qui font, eux ? Parce qu'ils en voient, des femmes ou des hommes passer devant eux qui déclenchent parfois un "ouuuh, sexyyy !" dans leur tête. Alors ?


Et bien s'ils ne sentent pas d'ouverture en face, ils se RETIENNENT. Ils vont fumer une clope, jouer à Candy Crush sur leurs cell, ou s'enfiler un pot de glace Ben & Jerry en regardant la dernière saison de Dix pour cent (ah non ça c'est moi). Bref, ils passent à autre chose.



Slogan 2 : "Arrête de te trouver des excuses, t'es pénible à la fin."



Beaucoup de gens (et pas que des hommes) ont encore dans l'idée que certains violeurs ont des circonstances atténuantes, et que la victime peut parfois avoir une part de responsabilité dans son agression. Si elle a bu, si elle portait une tenue sexy, si elle a eu le malheur de flirter avec son futur agresseur ou qu'il était carrément son conjoint, si elle n'a pas dit clairement NON ou qu'elle n'a pas assez "résisté" (pourtant merde je viens quand même de te briser un vase sur la gueule, ché pas ce qu'il te faut). Bref, que la victime l'a un ptit peu mélangé et que son agresseur ne savait plus à quoi s'en tenir (alors dans le doute, bah il l'a violée). La victime savait à quoi s'attendre, et quelque part, elle aurait quand même pu faire attention.



Pourtant, transposé à n'importe quelle autre situation, cet argument de "circonstances atténuantes" en faveur de l'agresseur est manifestement RIDICULE. Regarde, quand mon chum s'achète des Petits Écoliers LU au chocolat noir pour son plaisir personnel (denrée rare au Québec) et qu'il les range dans le placard à gâteaux, si je lui finis la boîte en douce, pas sûr qu'il serait très réceptif à un :


"Bah quoi ? A 16h j'ai eu faim, j'étais au bord de l'hypoglycémie et ils étaient là, à portée de main dans le placard. Comment j'aurais pu savoir que tu ne voulais pas que j'en prenne ? Tu me l'as dit il y a 1h en rentrant des courses ? Pas souvenir. J'aurais pu te demander ? Oh là là, quelle prise de tête celui-là, j'étais dans le moment, j'avais faim, je n'ai pas réfléchi ! On ne va pas en faire tout un fromage, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Pardon ? Et bien PARDON, pardon d'être HUMAINE quoi... Tu n'avais qu'à les planquer, quelle idée de me les mettre sous le nez ? Tu aurais pu te douter que j'allais en prendre ! En plus regarde, par ta faute maintenant je vais prendre du poids. Toutes mes amies vont me juger et me regarder de travers. Tu ne crois pas que tu as fait suffisamment de dégâts comme ça dans ma vie ??"


Ah bah non mais là, même pas sûre de dormir sur le canapé !! Le paillasson, à la rigueur...


Alors on s'entend que mon exemple est gentil. A PRIORI, mon copain lui, n'aura pas besoin de 10 ans de thérapie pour trouver le courage d'acheter une nouvelle boîte de Petits Écoliers sans se repasser en boucle la vision traumatique de ma personne assise sur le sol de la cuisine en train de lécher le sachet fraicheur du dernier paquet.


A priori.



Slogan 3 : "Elle pense vraiment ce qu'elle dit. Si si, je t'assure."



Une autre étude sur laquelle je suis tombée, c'est que 25% des français.es penseraient qu'une femme est moins sûre de ce qu'elle veut qu'un homme, que 19% sont convaincus que les femmes qui refusent d'avoir une relation sexuelle veulent en fait dire OUI, et que 21% estiment qu'une femme peut prendre plaisir à être forcée à avoir un rapport sexuel.



Ah ouais.. Non mais là comment veux-tu aussi. Si on n'est MÊME PLUS censée dire ce qu'on veut VRAIMENT dire, ou savoir au juste ce qu'on veut, ça devient compliqué ! En fait c'est simple, on dirait ma mère qui veut me resservir des haricots verts parce qu'elle s'aperçoit qu'il en reste beaucoup trop pour faire des restes et qui m'en repropose dix fois en faisant mine de ne pas avoir entendu mes neuf refus précédents.


Quand tu t'arranges avec ta conscience comme ça, c'est que tu ne VEUX PAS entendre le non. Tu fais juste SEMBLANT d'avoir demandé (pour la forme), pour ensuite n'en faire qu'à ta tête.


Supposer que les femmes ne savent pas ce qui est bon pour elles, c'est les infantiliser pour pouvoir décider à leur place. C'est en venir à des situations aussi aberrantes que de devoir mettre sa main sur son assiette ou carrément la planquer sous la table pour s'opposer à ce qu'on te resserve, parce que la personne en face de toi ne cherche pas à connaître ton avis, elle décide à ta place.


Bref, discréditer les femmes sur leurs réelles envies et leurs capacité à l'exprimer clairement, c'est les réduire au silence pour pouvoir les dominer en toute impunité. En leur resservant des haricots verts, entre autre.

Bienvenue

Je m'appelle Pauline, expatriée à Montréal et blogueuse depuis 2019.

Féministe, accro au curry végé, à la broderie et aux friperies, je suis aussi malpolie, tétue et un véritable danger public à vélo.

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