Le minimalisme, une affaire de femme ?


pièce encombrée minimalisme

Ça fait quelques années maintenant que les réseaux sociaux parlent du minimalisme, ce courant qui consiste à consommer moins mais mieux, et à ne garder chez soi que ce qui nous est utile et nous apporte de la joie.


Ayant moi-même traversé une période de désencombrement intense due à mon expatriation, et comparant mon vécu à celui de mon copain-j'ai-nommé-mon-fidèle-cobaye, je ne peux m'empêcher de me demander : le minimalisme, ce ne serait pas plutôt un truc de fille ?



J'ai vendu toutes mes affaires



Oui madame, je peux me la jouer gros titre tapageur, j'ai vendu toutes mes affaires ! Bon ok, c'est parce que je quittais le pays et que je me voyais mal payer une somme exorbitante pour stocker des meubles provenant majoritairement d'Ikéa et de brocantes, mais quand même ! Je suis partie libre et rebelle, avec pour toute possession une valise et un sac à dos...



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Ouais, je sais...



Le premier commentaire que je me suis fait vendant mes affaires ? Je pourrais vous dire "C'est incroyable le bien que ça fait, on se sent plus libre, plus légèère !". Mais ça, c'est venu en deuxième. Très honnêtement, la première réflexion que je me suis faite ce fut plutôt...


Mais c'est fou toutes les merdes qu'on a entassé ! Tu te rends compte le fric que ça représente ???

Sérieusement, tu ne te rends pas compte de tout le BORDEL que tu as avant d'avoir vendu et négocié le prix de CHAQUE item de ton appartement sur le Bon Coin (mais oui Georgette, je te la laisse pour 7 euros cette lampe).



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Les dernières semaines où j'ai vécu dans mon bel appartement tout propre et bien rangé, j'ai regardé autour de moi et je me suis dit : "C'est bête que ce ne soit pas tout le temps comme ça." Beh ouais, quand il y a moins de trucs à ranger ou à nettoyer, c'est facile de garder l'appartement propre et organisé comme dans un magazine de décoration.


LÀ, je me suis sentie plus légère. Plus zen. Et je me suis accrochée à ce sentiment de liberté comme une moule à son rocher. Ooh oui.



Si tu encombres quand je désencombre, comment veux-tu que l'on sorte des décombres ?



Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'infiime sentiment que mon copain et moi, nous n'avons pas été marqué de la même façon par ce désencombrement de l'extrême. Une intuition, quoi.


Arrivés à Montréal, nous avons dû acheter de nouveaux meubles et ustensiles indispensables à la vie de tous les jours (le minimum syndical quoi). Cependant, j'étais tellement traumatisée par la difficulté de me séparer proprement de mes affaires (oui parce que si tu fous tout à la benne c'est sûr que ça va plus vite), et par le bien-être procuré d'un appartement en ordre sans effort, que je peux te dire que je faisais attention au moiiindre article qui franchissait le seuil de notre porte.



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Est-ce qu'on en a besoin ? Est-ce utile ? Est-ce que ça correspond bien à nos goûts pour qu'on n'en rachète pas un autre dans deux mois ?


J'étais à la limite du trouble compulsif, à rejeter le moindre objet qui pourrait venir polluer mon espace. Genre à désencombrer ma valise de fringues alors que c'était tout ce qu'il me restait quoi. Alors que mon copain, baaah, il était plutôt atteint du trouble opposé...


Tu es sûûûr qu'on a besoin de cette ventouse ? Je veux dire, on n'en avait pas dans notre ancien appartement et on a bien vécu sans... (sourire crispé)

Il me paraissait aussi ravi de remplir notre appartement que j'étais catastrophée de le voir acheter encore et encore, le livreur Amazon sonnant tous les deux jours à notre porte.


N'avait-il pas senti les ondes zen de notre bel appartement désencombré ? Ce gain de temps, de place, cette praticité de savoir où tout se trouve en un coup d’œil et de pouvoir passer l'aspirateur ou un coup de chiffon sans rien déplacer ?


Bah non, Apparemment pas. Mais comment se fait-ce, me direz-vous ? COMMENT se fait-ce ?



Y gagnerait-on plus que les hommes ?



C'est ce que je me demande, ma ptite dame. Comment se fait-il qu'à situation égale, je me sente plus touchée que mon copain ? Je veux dire j'y trouve forcément plus d'avantages que lui, je refuse de croire que je suis devenue le genre de personne qui se prend la tête pour une ventouse. No sir.


Alors j'ai cherché. Et puis j'ai trouvé. Ça m'a pris un bon dix secondes.



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1. La légendaire (et bien réelle) charge mentale


Avoir un appartement désencombré, ça représente un gain de temps. Moins de choses à faire à l'intérieur pour l'entretenir, le ranger, y vivre. Et bien que les corvées ménagères soient équitablement réparties chez moi, je pense être plus sensible au fait d'avoir moins de chose à mettre dans ma To Do List mentale que mon copain, parce que j'ai facilement le réflexe (socialement conditionné) de prendre à ma charge des tâches d'entretien.


De manière plus esthétique, mon lieu de vie me renvoie facilement à mon esprit. Beh oui parce que encore une fois, on m'a bien appris que mon intérieur me reflétait, en tant que bonne ménagère d'intérieur (oooh mais non, je ne suis pas rabat joie !). Si tout est encombré autour de moi d'objets inutiles ou moches, j'ai la désagréable impression que cela vient également me parasiter la cervelle. Alors qu'avec un appartement digne d'une moine bouddhiste, j'ai le doux sentiment de préserver mon esprit déjà bien occupé de toute pollution spirituelle.


Oooooommmm (posture du lotus).



2. La pression à la surconsommation


J'en parlais déjà dans mon article sur le dressing féminin, quand on compare les médias destinés aux femmes et aux hommes, je trouve que l'on pousse davantage les femmes à la consommation à outrance d'objets, de vêtements, de cosmétiques et j'en passe qui feront d'elles "des femmes modernes". Pour se réaliser, un homme fait. Une femme paraît.



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Je me suis souvent sentie sous pression, à me dire qu'il faudrait que le mois prochain j'achète ci ou ça pour me renouveler, sentir que mon image correspondait à ma personnalité. Sauf que ce mode de fonctionnement, ça coûte de l'argent. Beaucoup d'argent ! Déjà qu'on part sur un modèle socio-économique où les femmes sont encouragées à se tourner vers des catégories de métier admirables mais à rémunérations moindres, j'ai nommé les professions du social, alors si en plus on nous pousse à dépenser le peu d'argent qu'on a, où va-t-on Michèle ?


Réfléchir à deux fois avant d'acheter et limiter le nombre d'objets pouvant rentrer dans mon appartement, m'aide à m'enlever une partie de cette pression à la consommation. Non je n'ai pas besoin de ce nouveau pantalon noir. Ouiii oui, j'en ai déjà trois chez moi. Tu m'a bien comprise Michèle, je brise mes chaînes qui me retiennent au consumérisme capitaliste !


Mais qu'est-ce que je vais faire de tout ce temps maintenant que je ne fais plus de shopping sur internet ? Quelque chose de constructif, d'épanouissant... oooh, une nouvelle saison sur Netflix !



3. La charge écologique, cette nouvelle tendance dans la série des fardeaux féminins


Oh j'en reparlerai sûrement dans un article à lui tout seul. Mais pour faire bref, nous sommes majoritairement plus sensibles que les hommes face à notre impact écologique, du fait qu'on nous inculque davantage les notions d'empathie, de prendre soin de l'autre, et que l'on serait moralement davantage responsable de la santé et de l'avenir des futures générations, en bonnes Wonder Women nourricières que nous sommes (LOL).



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Mince, la planète est en danger !

Il faut que j'y aille, le devoir m'appelle.

D'un autre côté, j'ai pas des trucs à regarder sur Netflix ?



Je le vois bien, je suis plus sensible que mon copain à acheter moins de choses en plastiques, à prendre mon petit sac en toile pour aller faire mes courses ou encore à revendre plutôt que jeter, tout ça pour essayer de réduire au miiinimum mon impact sur l'environnement.


Fait que quand j'achète moins, je me tape sur l'épaule en mode good girl. Et que quand il achète, je sens la planète me foutre un coup de boule droit dans les ovaires, comme si j'étais responsable de ses actes EN PLUS des miens !


Non mais trop injuste quoi !


Bien que je sois consciente que c'est une goutte d'eau dans l'océan (rempli de plastique, hahaha) (ok pas drôle), j'ai le sentiment de faire ma part en faisant attention à consommer moins. Une toute, toute petite part.



Mystère résolu mon cher Watson



Je pense que les femmes sont de manière générale plus sensibles au minimalisme que les hommes pour les raisons évoquées plus haut.


Mais je pense aussi que le minimalisme peut toucher tout le monde, d'une parce que mon couple ne représente pas tous les hommes et les femmes du monde (Dieu merci, quel bordel ce serait !), et de deux car j'ai personnellement été autant inspirée par des femmes que par des hommes dans mon odyssée du "less is more". Retour à l'essentiel, gain de temps, de productivité, conscience écologique, économies financières, passion pour l'esthétique minimaliste, les motivations sont aussi variées que leurs propriétaires.


Voici quelques youtubeur.ses qui m'ont influencé.es durant mon processus de désencombrement, et qui continuent à diffuser du contenu qui me touche :


Jenny Mustard




Matt D'Avella




Madeleine Olivia



The Minimalists

Documentaire disponible sur Netflix (réalisé par Matt D'Avella)




PS : la ventouse a fini par servir. Une fois. Un an après son achat. MAIS, elle a servi.


Cet article est fini !


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