Le sexe n'est pas censé faire mal


nolah darling est dans son lit série she's gotta have it

Eh... Est-ce qu'on ne se ferait pas un petit article de fesses ? Je ne sais pas toi, mais j'ADORE les sujets se rapportant au sexe. Il faut dire que ça parle tellement de nous, notre rapport au corps, et surtout, des chèèères injonctions sociétales que nous avons internalisées très tôt dans notre adolescence.


Parce qu'on a beau être seule, à deux, voire à trois dans le lit (mais bon ce n'est pas très sérieux en période de confinement tout de même), si l'on y regarde de plus prêt, c'est toute la société qui bavarde dans ta tête tandis que tu essayes de te concentrer pour te laisser aller au sacro-saint orgasme. Tes parents, tes ex, tes copines, les rédactrices d'article de magazines féminins, les acteur.ice.s de porno que tu as regardé, les gars boutonneux du collège qui balançaient des âneries sur les filles, Emmanuel Macron bien sûr (t'inquiète si ton partenaire hétéro n'est pas réglo, il aura une conversation "d'homme à homme" avec lui), les publicitaires... TOUTE LA SOCIÉTÉ je te dis !



Alors heureusement, plus tu avances dans la vie, et plus tu apprends à déconstruire les bêtises qu'on a voulu te faire croire au sujet du sexe, pour enfin être peinarde dans ta chambre, à profiter d'un moment à toi. Comme on dit, chacun.e chez soi, et les moutons seront bien gardés.


J'avais prévu d'écrire en une fois au sujet de plusieurs idées reçues sur le sexe, avant de me rendre compte que j'étais déjà rendue à la fin de mon article, RIEN qu'avec la première idée reçue ! Je ne me doutais pas que je serais aussi prolifique, mais preuve en est que le sexe est véritablement un sujet de conversation INTARISSABLE.


Fais que, il semblerait qu'on va souvent parler de cul sur les MOeufs au Plat ces prochains mois. Pô le choix, z'avez vu la taille du chantier ?


Je précise que dans cet article, je parlerai de rapports hétérosexuels, tout simplement parce que c'est ce que je connais le mieux d'expérience personnelle (et que toi-même tu sais, je tape toujours dans le tiroir souvenir souveniiir pour écrire), mais le sujet d'aujourd'hui s'applique bien évidemment à tout type de couples.


Alors allons-y pour une première idée reçue qui a encore la dent dure en matière de rapports sexuels :


"La douleur fait partie de la sexualité d'une femme."


La fameuse "première fois" qui fait mal



Cette idée que la douleur fait inévitablement partie de la sexualité d'une femme, on nous la vend très jeune, avec la fameuuuse expérience de la première fois.


(Et non, je n'utiliserai pas cette expression débile de "perdre sa virginité" qui insinue qu'on perd quelque chose en couchant avec quelqu'un, moi dans la vie je perds mes clés, je perds patience, je me perds MOI-MÊME dans la rue, mais s'il y a bien un endroit où je n'ai jamais rien perdu, c'est dans un lit.)


(... peut-être le courage de me lever pour aller travailler, mais c'est tout)



Excusez mon aparté, je reprends donc. Dans le cadre d'un premier rapport hétérosexuel, un jeune homme est psychologiquement conditionné à se préparer à découvrir l'EXTASE (mais elle ne durera certainement que dix secondes, ne t'enflammes pas), tandis qu'une jeune femme doit s'attendre à serrer les dents car elle va avoir MAL. Et bien oui voyez-vous, nous sommes équipées d'un hymen tendu comme une peau de tambour qu'il va falloir DÉCHIRER, à la suite de quoi nous allons nous vider de notre sang tandis que notre partenaire nous lancinera de coups de butoir douloureux et maladroits.


Tout un programme, on s'en RÉJOUIT à l'avance ! (C'est à se demander comment on en est venue à coucher avec quelqu'un) Alors on nous précise tout de même, faites-le avec un gars pour lequel vous avez des sentiments, que ça sauve un peu le souvenir et que le jeu en vaille la chandelle, parce que ce sera le seul truc positif de l'expérience !


En bref, qu'on soit prévenues, notre vie sexuelle commencera dans la douleur.



Tu t'ennuies au lit ? ... Tu as lu, 50 Shades of Grey ?



Quand un couple hétéro commence à s'ennuyer un peu au lit (après 80 missionnaires, 20 levrettes et un coup sur le lave-linge), la suite logique que l'on nous suggère souvent pour "pimenter un peu les choses" est de se tourner vers des pratiques plus audacieuses, comme la sodomie ou le sadomasochisme soft... J'ai dit audacieuse ? Ah non 'scusez, je voulais dire DOULOUREUSE ! Et pour qui ? Pour la femme bien sûr ! Il n'est pas pour monsieur, ce plug anal flambant neuf !



Après tout, rien de tel qu'un anus plus serré qu'un vagin ou que de fouetter une paire de fesses rebondies avec une cravache. Madame a mal ? Oui mais elle a l'habitude, elle sait endurer la douleur au point que cela devienne même une sorte de plaisir ! (Attendez vous êtes capable de vous épiler, d'avoir vos règles tous les mois et de mettre des enfants au monde, la douleur c'est la routine pour vous !) Et puis entretenir un couple, c'est du boulot, ça demande parfois quelques efforts. Pour les femmes, hein.


Et je me dis mais bon sang, c'est quand même illogique ce raisonnement ! On se fait chier, on a moins envie l'un de l'autre, et on se dit "Tiens, et si je te faisais un peu mal ? Ça devrait te redonner envie, non ?". Est-ce que le bon sens ne voudrait pas que l'on cherche d'autres formes de plaisirs lascifs et alléchants ?



Le sexe, c'est censé être du plaisir. UNIQUEMENT du plaisir.



Alors je ne sais pas d'OÙ vient cette idée qu'il est normal que pour l'homme le sexe ne soit synonyme que de plaisir, et pour la femme, de plaisir/douleur, si c'était pour dissuader les femmes d'aimer le sexe ou plus simplement de les convaincre de tolérer les amants qui s'y prennent comme des manches, mais pour moi mes très chères soeurs, nous sommes en présence d'un non-sens absolu.


Non, la première fois n'est pas censée faire mal as hell (j'ai eu la chance d'avoir un super amant pour ma première expérience, et ma foi je me suis même demandée si c'était VRAIMENT ma première fois tellement ça c'est bien passé et que ça ne ressemblait pô du tout à ce à quoi on m'avait préparée).


Non, si tu as mal pendant un rapport, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Et ça peut être toutes sortes de choses hein ! Tu n'as pas envie d'une pénétration donc ton vagin se protège en se contractant, tel Gandalf hurlant "Vouuus ne passerez paaas !" avec son bâton magique (euh, aussi appelé le "vaginisme").



Ton vagin ne se lubrifie pas assez (ce qui arrive souvent en début et en fin de cycle), ce qui fait que tu as l'impression qu'on essaie d'enfoncer une bite carrée dans ton vagin en forme d'étoile (c'est pas la peine d'insister, ça ne rentre pô).


Ou tout simplement, ton partenaire s'y prend mal, et ça ne part pas forcément d'une mauvaise intention mais il ne sait juste pas qu'il est en train de te faire mal. Oui il est gentil, oui il fait un merveilleux coq au vin, mais il ne lit pas encore dans les esprits et ne fait pas tourner les tables (au maximum, il fait le pénis hélicoptère).


Là où le bas blesse (sans mauvais jeu de mot), c'est que nous avons tellement internalisé le fait que le sexe peut parfois faire mal, et qu'il faut simplement supporter la douleur pendant que son partenaire prend son pied (on ne voudrait pas gâcher un si bon moment), que l'on n'a pas forcément le réflexe de se manifester. De dire "Attends stop, dans cette position tu me fais mal !".



Ce qui est complètement con parce que l'idée d'un rapport n'est pas que l'un prenne son mal en patience pendant que l'autre se fait plaisir, le concept DE BASE est que les deux personnes impliquées dans le dit coït passe un bon moment. En plus quand on y réfléchit, tout le monde souhaite (normalement) être un.e bon.ne amant.e et faire du bien à son ou sa partenaire. Alors le simple fait de "ne pas faire mal", c'est le minimum syndical, quoi !


Donc à priori (à priori), si ton partenaire est bienveillant envers toi, il VEUT savoir s'il te fait mal, et il ne veut pas le savoir une fois que vous aurez fini, il ne veut pas le savoir vite vite en murmurant un "mais c'est pas grave hein", il veut le savoir au moment où il te fait mal, pour s'ajuster ou s'arrêter sur le champs.


Rah, cette bonne vieille communication. Qu'est-ce qu'on ferait sans elle.



2 conseils que j'aurais aimé avoir plus tôt



S'il y a deux choses que j'aurais aimé apprendre plus tôt, ce sont celles-ci :

  • Une pénétration quasi-immédiate en se sautant dessus comme des amants transi, c'est dans les porno ou les films. Ton vagin n'est ni une Ferrari, ni un jaguar, ça prend un peu plus que deux secondes pour monter dans les tours. Alors PEUT-ÊTRE que c'est arrivé une fois, parce que ça faisait 3 mois que vous ne vous étiez pas vu ou que tu étais on fire ce soir-là. Mais la plupart du temps, ça va prendre quelques caresses et coups de langue (et ça n'en sera pas moins torride).

  • Achète du lubrifiant. Non ce n'est pas que pour les rapports anaux, non ce n'est pas que pour les stars du porno. Parfois, même les vagins les plus talentueux ont besoin d'un petit coup de pousse pour se lubrifier. (et puis on rentre dans un cercle vertueux, tu lubrifies, ça glisse mieux, ça glisse mieux ça donne plus de plaisir, plus de plaisir = plus de lubrification)




Voili voilou, c'est tout pour cet article ! (qui promet d'être le début d'une looongue série)