Les soutifs en mode pause


pâtisserie en forme de seins

Le confinement a apporté une myriade de changements dans ma vie. Des bons, comme le télétravail, des moins bons, comme l'annulation de mes vacances à Hawaii. Mais aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'un changement plus subtile, à peine visible et pourtant au combien révolutionnaire pour mes petits seins : mon mode pause du port du soutien-gorge.


Et oui mesdames, grâce au confinement et comme beaucoup d'autres j'imagine, je donne des vacances à mes soutifs ! (à défaut d'en avoir... aaaah Hawaii, un jour je viendrai te voir, promis !)





La fierté des premiers soutifs


Tu te rappelles de ton premier soutien gorge ? Moi oui ! Une brassière noire et bordeaux, qui ne contenait pour ainsi dire rien, hormis ma fierté de le porter.


Je me souviens encore quand j'avais une dizaine d'années demander à ma mère : "Et là, c'est bon je peux en porter un ? Ça se voit un peu que j'ai de la poitrine là, non ?" (dit-elle en se cambrant à l'extrême)


Je voyais des copines dans les vestiaires du cours de sport, arborant leurs premières brassières ou soutien-gorge avec fierté, marquant un nouveau pas dans leur entrée de l'âge adulte. Je pense que c'était ça qui nous rendait si envieuse. L'envie de devenir des femmes, des vraies !





Et puis il courait des rumeurs folles dans ces vestiaires. Que si tu n'en portais pas dèèès qu'il te poussait un mini micro bout de sein, tu prenais le risque de te retrouver avec une poitrine en gant de toilette t'arrivant au nombril une fois adulte ! Qui voudrait courir ce risque franchement ?



Cachez ce téton que je ne saurais voir



Tu te souviens à la plage, quand tu pouvais courir torse nu sans que personne ne s'en offusque ? C'était bien, hein ?


Et oui, avec une poitrine, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. En effet, étant donné que tes tétons tirent des rayons lasers, tu ne peux pas, AU GRAND JAMAIS, laisser quelqu'un deviner au premier coup d’œil un téton qui se dresse derrière le tissus de ton T-shirt, au risque de l'aveugler pour toujours !





Combien de fois ai-je galéré à me trouver un T-shirt blanc car ce dernier étant trop transparent, on pouvait entrevoir (oh dieu du ciel) que je portais un soutien-gorge en dessous ? Non mais rendez-vous compte ! Un SOUTIEN-GORGE !


Il fut un temps (jadis), je me souviens qu'il était vraiment de mauvais goût de laisser apparaître une bretelle de soutien gorge sur une épaule ou d'apercevoir de la lingerie sous les vêtements. Alors un téton qui pointe sous le tissus, n'en parlons pas !!



Push, Push it... Push it up !



Va savoir pourquoi, quelques années plus tard l'industrie de la mode a pris un virage à 180 degrés. Voilà qu'on ne trouvait plus QUE des soutifs rembourrés à un point tel, que je me demandais où j'étais censée ranger ma poitrine là-dedans.


Pourquoi supposaient-ils que j'avais envie d'une poitrine plus grosse ? Je les aime bien mes petits seins, ils sont proportionnels à ma corpulence menue. Rien à faire, à chaque virée en magasin, je me faisais bacher par les vendeuses qui ne comprenaient pas ce qui me rebutait dans ces push-up qui m'écrasaient la poitrine et qui avaient envahis les rayons.


J'en étais arrivée à un stade où je n'avais plus que deux ou trois soutien-gorges en stock, incapable de leur trouver des remplaçants dignes de ce nom. Pourtant, j'adore la lingerie. Moi qui suit très neutre dans mes vêtements, j'aime porter en dessous de la lingerie colorée, originale et girly. Mais me faire presser les seins comme des citrons pour qu'ils paraissent plus gros, non merci !





Le retour des seins en folie



En parcourant les réseaux sociaux, je me suis vite aperçue que j'étais loin d'être la seule à avoir raccroché son soutien-gorge (étude IFOP à l'appui !). Pourquoi faire après tout, si on est en télétravail chez soi et que nos rares sorties se concentrent sur l'épicerie et le parc du coin ?


Me voilà même qui tombe sur une étude tout ce qu'il y a de plus sérieuse (et la seule existant à ce jour) conduite par Jean-Denis Rouillon, démontrant qu'une femme ne portant pas de soutien-gorge pendant un an verrait ses seins avoir une meilleure tonicité, et ses tétons remonter de sept millimètres ! (oui, c'est très précis mais que voulez-vous, la science, c'est la science !)





Loin des rumeurs de vestiaires, nos seins seraient en fait capables de se débrouiller tout seuls. Au contraire, les tissus qui les retiennent seraient affaiblis (comme rendus paresseux quoi) avec le port répété du soutien-gorge, nous rendant dépendantes d'un accessoire dont nous n'avions au départ pas besoin !


D'après ses observations, il faudrait environ un an pour une femme ayant pris l'habitude de porter un soutien-gorge pour retrouver la fermeté de sa poitrine au naturel et ne plus avoir de sensation de seins lourds ou de mal de dos.


Ce qui m'amène à la question suivante : pourquoi est-ce que je porte des soutien-gorges, en fait ?



Le regard des gens



Mais qu'est-ce qu'on se ferait suer sans les diktats de la société ! Imaginez-vous, pouvoir faire ce que vous voulez, quand vous le voulez, sans que personne n'y trouve à y redire ? Que ferait-on de notre vie, comment s'occuperait-on ?





Que ce soit parce qu'on entrevoit nos tétons, nos soutien-gorges, que l'on ait un peu (= pas assez) ou beaucoup (= trop) de poitrine, le problème reste toujours à mes yeux le regard que nous porte les gens dans la rue, le métro, au travail ou en soirée. Malheur à celle qui osera sortir de cette image uniforme du sein rond et remonté, au téton rendu invisible par une coque matelassée.


Le confinement m'a soustraite au regard des gens, ce qui m'a permis de découvrir que j'aime toujours ma lingerie, mais que je m'en sépare volontiers dans le cadre du quotidien, la reléguant à sa juste place "d'accessoire accessoire".


Je me découvre également une nouvelle passion pour les bralettes, ces brassières sans armatures que je trouvais si nazes quand j'étais ados et que je trouve à présent fort plus confortables et naturelles sous mes petits chemisiers d'été.


J'aime voir des boobs de toutes les formes, toutes les couleurs, ou encore entrevoir les tétons de Rachel dans Friends en la trouvant magnifique et pas provocante pour un sous. J'imagine que plus nous verrons des représentations des poitrines sous toutes ses formes, et plus nous nous habituerons à en accepter la diversité et le naturel sans hausser le sourcil.


Avec ou sans soutien-gorge, faîtes avant tout ce qu'il vous plaît !