Pourquoi je ne retournerais pas à la sexualité de mes 20 ans


pieds dans un lit sous la couette

Je suis encore tombée amoureuse d'un nouveau podcast (que voulez-vous, on ne m'arrête plus) : Mes 14 ans.


Lucie, 30 ans, parcourt le journal intime qu'elle tenait à ses 14 ans, l'année de ses premières expériences sexuelles. Elle redécouvre ce qu'elle pensait alors de la sexualité, les injonctions qu'elle avait déjà intériorisé avant même de coucher avec un garçon, et raconte avec une franchise rafraîchissante sa découverte du plaisir, seule ou à deux.


podcast mes 14 ans

Mes 14 ans - Paradiso Media


J'adore ce podcast car il me rappelle mes propres débuts dans la sexualité : la masturbation, les rapports avec les mecs, et surtout, les conversations entre copines pour comparer nos expériences.


Si je repense avec amusement à ma sexualité de jeune adulte, je m'aperçois aussi que j'ai appris beaucoup de choses en une grosse décennie sur mon corps, mes envies, et surtout sur l'influence que notre société patriarcale a pu avoir (et a toujours, faut pas se mentir).


A vrai dire, à me remémorer ces souvenirs pleine de nostalgie, je me dis que les découvertes, c'était plutôt marrant. Mais disons-le franchement. Je ne reviendrais POUR RIEN AU MONDE à la sexualité de mes 20 ans.



A 20 ans on baise pour la performance. A 30 ans, on baise pour le plaisir.


Rendons à César ce qui est à césar, cette citation n'est pas de moi mais de mon copain (mais quelle belle phrase n'est-ce pas ?).


Je me souviens que plus jeune, ça ne paraissait pas si important de prendre du plaisir. Il faut dire que quand tu débutes, tu as plus de chance de gagner au loto que d'avoir un orgasme. Tu te dis que ça viendra plus tard, un jour (enfin t'espères).


Aussi lors des grands debriefings entre copines, on parlait plutôt des positions qu'on avait essayé, combien de fois on "l'avait fait" en une nuit, dans quel endroit (si c'était un lieu public, ta côte de sulfurosité grimpait en flèche) ou encore la lingerie olé olé qu'on avait osé mettre (ouloulouh).


Le sexe était avant tout une performance.


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Alors que bon, arrivée à la trentaine... comment te dire ? QUI a envie de risquer un tour de reins en essayant la position 53 du Kamasutra ? Déjà que t'es rendue à demander à ton ostéo si elle ne fait pas des cartes de fidélité à points, alors pourquoi chercher la marde ?


Non à 30 ans, si tu te fous à poils un mardi soir alors que t'es crevé de ta journée et que tu renquilles le lendemain, t'en veux pour ton argent ! Tu veux DU PLAISIR !! Rien à fout' de la performance ou de l'originalité de la position. Tu veux de la sensoualité, des caresses, des sensations. Même si c'est en toile de tente sous la couette.



La pénétration n'est pas le saint Graal


Saviez-vous que selon une étude Ifop de 2015, seules 26% des françaises déclarent jouir « très facilement » grâce à la pénétration vaginale (sans autre stimulation) ?


Alors méditons un instant ce chiffre. La pénétration pénis / vagin est LA pratique jugée comme "le plat principal" de la sexualité hétéro. Et seules 26% des françaises hétéro y trouvent leur compte. Qu'est-ce que cela peut bien vouloir diiiire...


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Bah que la pénétration c'est bien gentil, mais c'est VRAIMENT à reléguer au rang "d'une pratique parmi d'autres" dans la sexualité hétéro.


On a bien essayé de nous la faire à l'envers, avec cette nomenclature hiérarchisées des caresses et des fellations qui ne seraient que d'humbles préliminaires, avant que le pénis ne fasse sa grande entrée dans la salle, vêtu de ses collants bleu et de sa cape rouge préférée. Et que par ailleurs, une fois rabougris façon escargot, on nous explique que le show est terminé, que l'on ait jouis OU NON ! (non mais quel scandale, REM-BOUR-SÉEEE !!)


Freud lui-même aura bien tenté un vague "Euh mais d'abord si vous ne jouissez pas pendant la pénétration, c'est juste que vous n'êtes pas assez MATURES pour l'apprécier, mesdames !" (donc manifestement Freud était un très mauvais coup).


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Et puis il y a cette histoire de virginité, où l'on nous stipule clairement dans le contrat qu'on ne sera plus vierge LE JOUR où un pénis rentrera dans notre vagin. Pas un doigt ou une langue, ni même un objet contondant, non non. On a dit un pénis. Touuut ce que tu fais d'autre "ne compte pas".


A 30 ans, tu comprends que la chambre n'est pas le resto guindé qu'on a voulu te vendre où tu dois déguster encore et encore le même menu rigide (pour repartir le ventre à moitié vide en plus). C'est plutôt un genre de joyeux Club Med façon buffet à volonté. Tu prends ce qui te tente sur le moment.


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Quoi qu'en dise le comité de bienséance du cul, les fellations, cunnilingus, et joyeuses branleries sont AUSSI du sexe. Elles peuvent à elles seules faire le show et non absolument rien à envier à la classique pénétration. Les françaises sont formelles.


Alors vive le Club Med !



Aux chiottes les magazines féminins


Qu'on se le dire, il y a 10 ans, c'était compliqué de s'éduquer sur le sexe.


A l'école, on ne te montrait même pas à quoi ressemblait ton clitoris dans son entier. Donc à 20 ans, je ne savais pas que mon clitoris, bah ce n'était pas un petit pois rose, mais TOUT ÇA :


anatomie du clitoris
Schéma proposé par Dans ma culotte

Côté pornographie, la seule que je connaissais était la plus accessible, à savoir un porno bas de gamme, généralement violent et trash. Pas très vendeur quoi.


Alors qu'à présent, je connais la pornographie "feel good", éthique et féministe comme celle de la réalisatrice Erika Lust. C'est joyeux, sensuel, tu y vois des corps de toute sorte (et franchement ça fait du bien), et les scènes sont HYPERS esthétiques. Qui aurait cru que le porno pouvait être beau ?


Après tu me diras, tout ce qui n'est pas tourné dans une cave à la lumière d'une ampoule suspendue au plafond est tout de suite plus inspirant. Mais tout de même, c'est fou ce que de voir une femme qui n'a pas l'air de subir tout un rapport sexuel avant de se faire éjaculer dans la face (avec le sourire, s'il vous plaît) donne VACHEMENT plus envie.


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Et puis alors, les rubriques "sexo" des magazines féminins, on en parle ? Qu'est-ce qu'on trouvait (et qu'on trouve toujours) comme conseils de marde là-dedans. Je pense qu'on pourrait résumer la majorité des conseils à : "Si tu ne te forces pas, il va te quitter.", "Les hommes adorent la fellation." (sans blague), et "C'est à toi de te casser le cul à raviver la flamme si ça devient plate au lit."


String panthère, danse des sept voiles, kidnapping dans le coffre d'une voiture (bah quoi, yen a qui aiment ça), démerde-toé !


Bref, les magazines féminin, à part pour les échantillons gratuits de parfum, c'est pas ton allié au pieu. Et à 30 ans, tu l'as bien compris. En plus maintenant on a les réseaux sociaux, donc Cosmo et toute la clique, vous pouvez bien aller mourir au fond de la salle d'attente de ma gynéco.



Qui a dit que vieillir n'était pas cool ?


Bein JE NE SAIS PAS, parce que personnellement je chéris ma sexualité d'aujourd'hui, et quand je vois tout ce que j'ai appris en un dizaine d'année, je me demande quelles folies je ferai de mon corps à quarante ans.


Peut-être que j'aurai une armoire entière de sextoy à la Samantha. Que je maîtriserai un yoga tantrique mystique qui me donnera accès à l'illumination divine. Ou encore, que j'arriverai à me procurer des orgasmes par la simple force de la pensée telle une jedi du sexe.


Quoi ? On peut rêver...


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Pssst ! Si toi aussi t'en as marre des magazines féminins et que tu cherches des comptes insta ou des podcasts fun sur le sexe, va jeter un oeil à cet article où je donne plein de ressources sympas ;-)

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